L’œuvre est dans l’œil de celui qui regarde
(Marcel Duchamp : 1887/1968 ).

J'ai pris cette formule au pied de la lettre et je me suis mis à l’œuvre.
Je regarde. Je montre ce que je vois. Point. Je produis des images avec tout ce qui me tombe dans l’œil; souvent de façon inattendue, voire inconsciente : une trace sur un mur, une ombre furtive, une tache sur un trottoir, une fissure dans le sol, une empreinte... Mon travail - si on doit parler ici de travail - est avant tout une aventure de l’œil, un vagabondage onirique. Il me suffit de sortir de chez moi et d’ouvrir l’œil.
Parfois je vois des choses. Parfois rien.

Pour « voir des choses » il faut que je sois dans une disposition d’esprit particulière, une sorte d’état d’apesanteur, de flottement, de somnambulisme et, pourquoi pas, de légère ébriété. J'interviens le moins possible. Je travaille avec une économie de moyens frôlant une absence totale de moyen, sans effort, surtout pas d'effort, en équilibre entre le monde visible, celui de la rue, des autres et un monde invisible, le mien. J’avance sur un fil faisant apparaître des formes du plus profond de mon âme (?). Pas de trucage, pas de Photoshop. Juste un travail sur la lumière et la couleur. Lumière naturelle, celle du jour; lumière artificielle, électrique, celle de mon écran d’ordinateur. En avançant sur ce chemin de hasard je me suis rendu compte que je faisais quelque chose que je n’avais encore jamais vu nulle part.
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Les titres que je donne aux images que je produis sont souvent humoristiques, décalés, parfois poétiques. Ils donnent des indices sur le sens à leur donner. Ils agissent comme une focale intime permettant à celui qui regarde de se mettre à̀ la bonne distance du sujet, de faire une mise au point. Libre ensuite à chacun de ré- interpréter, de changer de point de vue. Bon, j'arrête là le blablabla. A vous de voir.

Carol Bücher vit et travaille à Pantin. Et un peu partout ailleurs



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